Le général Maison accepte la reddition des châteaux de Morée en 1828

Auteur: Anastasia Tsagkaraki

Lorsqu’en 1821 la révolution hellénique éclata, elle donna l’impression d’avoir été planifiée depuis longtemps et de répondre aux vœux de l’opinion publique européenne. Déjà, depuis l’époque où les premiers voyageurs européens commencèrent à visiter la Grèce, à la fin du XVIIIe siècle, le pays faisait partie de l’Empire ottoman, à l’Orient exotique. Pourtant, dans leur conscience, ces voyageurs n’identifiaient jamais la Grèce à l’Empire. Les Grecs se distinguaient de leurs conquérants turcs par leur langue, leur religion, mais principalement par leur héritage classique. Arrivant en Grèce, ils avaient l’impression d’arriver dans un pays familier. Par conséquent, dans leurs journaux personnels, rédigés avant l’éclatement de la révolution, ils se mettent en quête d’une vision de la Grèce antique par l’intermédiaire des ruines et cherchent systématiquement à associer les idéaux classiques et sublimes avec la réalité déchirante et décevante de la Grèce sous le joug ottoman. La littérature française reflète de manière éloquente la déception des voyageurs de l’époque, au moment de leur rencontre avec la misère qui démentait l’image idéale qu’ils avaient cultivée, basée sur leurs connaissances classiques ; la passion de ces admirateurs illuminés de l’Antiquité de revoir la Grèce « comme elle devait être » constitua la base du mouvement philhellenique de la fin du XVIIIe siècle.

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