La Société pour l’hellénisme et le philhellénisme (SHP – www.eefshp.org) et l’ambassadeur de France en Grèce, M. Christophe Chantepy, ont organisé un événement pour rendre hommage au philhellénisme français et à son influence sur les arts et la musique au 19ème siècle et au cours de la Révolution grecque de 1821.

L’événement a eu lieu à l’ambassade de France à Athènes le jeudi 13 juin 2019 à 19h30.

Les intervenants ont mis, au cours de l’événement, l’accent sur l’impact du philhellénisme français sur la musique et les arts en général.

Entres autres, l’évènement a souligné le rôle des mouvements néo-classique et romantique du 18ème et 19ème siècle, et il a rendu hommage à la figure emblématique de la chypriote grecque Elizabeth Santos Loumakis Chenier, épouse du marchand français de Chenier. Le célèbre salon littéraire de cette grande dame (mère d’André Chenier), fut le catalyseur pour la création en 1809 de l’organisation secrète Hôtel Hellénophone. Un des membres de l’Hôtel était Tsakalov, qui a quitté Paris en 1814 pour s’installer à Odessa, où l’Hôtel fut essentiellement transformé en la Filiki Etaireia, qui a conduit à la révolution de 1821.

Au cours de l’événement, une référence particulière a été faite à Chateaubriand et aux grands philhellènes Guiraud, Casimir Delavigne, Victor Hugo, Alphonse de Lamartine, de la Rochefoucault -Liancourt, de Broglie, etc., qui ont mis en place les comités philhelléniques, ainsi qu’à leurs actions en faveur des Grecs en révolte.

Enfin, l’événement a fait référence à Fabvier, Amiral de Rigny, Colonel Voutier, General Maison, etc., à leur action pendant la Révolution, à la bataille navale de Navarin et à l’Expédition française dans le Péloponnèse, pour expulser Ibrahim et soutenir le nouvel État grec.

Au cours de l’événement à l’ambassade, une exposition a eu lieu d’environ 100 œuvres emblématiques d’art française philhellénique du 19e siècle, de la collection de SHP (peintures, sculptures, pendules, porcelaines, jouets, livres, etc.), dont le thème était lié a la Révolution de 1821.

Les orateurs suivants ont pris la parole:
Christophe Chantepy, ambassadeur de France en Grèce
Dr. Fotis Papathanasiou, professeur de relations internationales
Konstantinos Velentzas, fondateur de la Society pour l’Hellénisme et le Philhellénisme, président du groupe EUROPEAN DYNAMICS

L’événement s’est terminé par un concert de musique, qui comprenait des compositions philhelléniques du 19eme siècle (inconnues du grand public), interprétées par le baryton Nikolaos Karagiouris. Il était accompagné au piano par Maria Papapetropoulou.

Nikolaos Karagianouris a étudié au Conservatoire d’Athènes. Il a remporté les premiers prix dans de nombreuses compétitions internationales (Londres, Bayreuth, Thessalonique, Athènes). Il a participé à de nombreux opéras sur le plan international.

Maria Papapetropoulou s’est distinguée aux conservatoires d’Athènes, d’Orléans, de l’école normale de Paris et de l’université de Karlsruhe. Elle a participé à de nombreux concerts sur le plan international.

Le programme de l’événement est disponible ici.

 

Le Philhellénisme a été un phénomène politique, social et artistique majeur, propagé partout en Europe à cause de la Guerre d’indépendance Grecque contre les Ottomans en 1821. En essence, le Philhellénisme, dans le sens d’admiration et d’amour pour l’esprit de l’Hellénisme, a des racines anciennes. Il se présente en Rome antique avec comme représentant typique Cicérone. Dans la Renaissance et les Lumières sont contenus des éléments Philhellènes forts, tout comme nous pouvons en retrouver chez les leaders, idéologiques et militaires de la Révolution Américaine.

Ce qui fait du Philhellénisme un mouvement unique, c’est sa grande expansion à tous niveaux sociaux, ainsi que son expression multidisciplinaire à travers la musique, la peinture et les arts plastiques, et même l’art décoratif. En France le phénomène a duré pendant plusieurs décennies, combiné parfois avec le mouvement de l’Orientalisme, surtout en peinture.

Depuis, il y a eu plusieurs mouvements de sympathie et de solidarité de l’opinion publique envers des peuples en tourmente, mais aucun n’a atteint l’ampleur et la force du mouvement Philhellène. La raison n’est autre que le fait que cette expression de solidarité envers les Grecs a comme raison ultime le sentiment d’une dette spirituelle, ou mieux, le sentiment que la cause grecque concerne la substance même de chaque peuple européen, de tout homme et de toute société qui appartient à ce qu’on définit comme la civilisation occidentale.

Le catalogue des Philhellènes dans le domaine des arts et des lettres abonde des personnalités. Les chefs mêmes du Philhellénisme font partie de ce domaine: le Président du Comité de Paris, François- René de Chateaubriand, Lord Byron en Angleterre et Goethe an Allemagne avec le moins connu, mais fervent Wilhelm Müller. En peinture, le sommet qui fut Eugène Delacroix, lequel avait présenté à l’exposition du 1826, « Pour les Grecs », à la Galerie Lebrun, son œuvre fameuse « La Grèce sur les ruines de Missolonghi », aujourd’hui au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux.

Dans le domaine de la musique, de nombreux compositeurs, fameux et moins fameux, inspirés par des poèmes Philhellènes ou en adaptant d’autres, ont fait de leur muse le serviteur du mouvement Philhellène! Le dénominateur commun de ces textes mis en musique a été le souhait irrépressible des peuples européens pour que la civilisation triomphe sur la barbarie et la croix sur le croissant.

La thématologie comprend plusieurs références et comparaisons avec la gloire de la Grèce antique et la résistance héroïque des Grecs, hommes, femmes et enfants contre le tyran barbare.

Les Philhellènes s’organisent en groupes de type société ou comité et entreprennent des actions, des collectes de fonds ou des simples cotisations, afin de rassembler de l’argent pour la cause. Une forme d’événement de soutien était la soirée musicale avec des chansons Philhellènes, suivie par une collecte de fonds. C’était les femmes de la grande bourgeoisie et de la noblesse qui étaient les plus ferventes organisatrices et qui – chose méconnue – ont fourni et même tissé la plupart des drapeaux de la Guerre d’Indépendance en Grèce.

Des 300 ou presque chansons Philhellènes connues, composées en Europe et aux Etats-Unis, plus de 200 sont composées en France. Par des grands compositeurs comme Berlioz, Rossini, Gounod ou Adam, jusqu’aux amateurs dont plusieurs nobles. La création abonde, comme note Georges Kostantzos (« La Muse Philhellène »), autour des deux grands moments de la Guerre: La prise de Missolonghi et la Bataille de Navarin. Après 1830, la cause ayant obtenu, elle se raréfie.

Les titres des chansons, qui étaient éditées avec au recto des œuvres des grands graveurs de l’époque, révèlent les causes de l’émotion et de l’inspiration créative des compositeurs: « Le Chant des Grecs », « Leonidas à Thermopyles », « La France aux Grecs », « Le réveil des Grecs », « La veuve de Marcos Botsaris », « Byron au champ des Grecs », etc.

Une mention spéciale se doit pour les œuvres de plus grande échelle, comme « La scène Héroïque pour la Révolution Grecque » par Hector Berlioz (1825), le mélodrame « Le dernier jour de Missolonghi » par Louis Ferdinand Hérold et le summum « Le Siège de Corinthe » de Gioacchino Rossini, tragédie lyrique en trois actes présentée au Théâtre de l’Académie Royale de Musique le 9 octobre 1826, avec le but unique de collecter des fonds pour les Grecs. Cette œuvre impressionnante, transcription ou reprise d’une œuvre déjà présentée « Maometto II », finit avec la décision héroïque des chefs militaires et religieux des Grecs de Corinthe de mourir plutôt que se rendre à Mahomet II.

La première grecque n’ait eu lieu que 170 ans après, suite à une proposition insistante que j’avais formulé à l’Opéra d’Athènes, le temps de ma participation au Conseil de Direction en 1992.

Ce n’est pas un hasard que le compositeur du « Voyage à Reims » où l’on célèbre l’idéal européen ait été celui qui a chanté l’idéal politique et spirituel du Philhellénisme.

Le philhellénisme a constitué un mouvement extrêmement important en France, qui a contribué au succès de la révolution de 1821 et à la création de l’État grec moderne.

Au cours du XVIIIe siècle, la Renaissance et les Lumières ont créé un courant de retour vers la Grèce classique, désormais reconnue comme la mère de la culture occidentale. De nombreux scientifiques, archéologues, historiens, intellectuels, artistes, se sont rendus en Grèce en tant que voyageurs depuis la fin du XVIIIe siècle et ont découvert, sur les traces de Pausanias, la civilisation grecque. Le travail de l’académicien français et ambassadeur de France à Constantinople, comte Choiseul-Gouffier (1752-1817), Voyage pittoresque de la Grèce, est particulièrement emblématique.

Choiseul-Gouffier était un des élèves de l’archéologue et auteur, grand philhellène, abée Jean-Jacques Barthélemy, qui a aussi inspiré avec son travail Rigas Feraios pour la conception de sa carte.

Choiseul-Gouffier était nommé en 1809, président de l’Hôtel Hellénophone, une société secrète prérévolutionnaire en France, qui avait pour objectif la régénération intellectuelle et l’illumination des Grecs et la préparation d’une révolte contre les Turcs. L’action la plus importante de l’Hôtel a été l’envoi de 40.000 armes dans les régions montagneuses grecques d’Épire, de Macédoine et du Péloponnèse. Certains historiens affirment que Napoléon lui-même était au courant et soutenait les actions de l’Hôtel.
Il faut souligner que l’initiateur de cet Hôtel serait une réputée intellectuelle chypriote grecque Élisabeth Sant-Lomaca-Chénier, épouse du marchand français Louis de Chenier et mère des deux célèbres poètes français de l’époque, André Chénier (1762-1794), qui a été guillotiné à la veille de la chute de Robespierre et Marie-Joseph Chénier (1764-1811). L’action de l’Hôtel a commencé, dans le célèbre salon littéraire d’Elisabeth Chenier.

Enfin, on note que Tsakalov était lui-même membre de l’Hôtel. En 1814 il a déménagé de Paris à Odessa, où l’Hôtel a évolué pour devenir la Filiki Etairia.
En 1819, le peintre Louis Dupré se rend en Grèce et décrit avec précision la vie quotidienne des Grecs ainsi que les premiers exploits héroïques des combattants de 1821.

En fait, beaucoup d’autres scientifiques français ont également fourni un travail important en Grèce.
Le Journal des Débats du 31 août 1821 fait référence au travail du grand géographe français Malte-Brun, qui a enregistré en détail la géographie et tous les éléments de la population du Péloponnèse.

Le numéro du 27 juillet 1821 du Journal des Débats se réfère au travail d’un autre français, qui a enregistré en détail les monuments culturels d’Athènes, exprimant sa crainte pour les dommages qu’ils pourraient subir pendant la guerre.
Enfin, on rappelle l’expédition française de Moree, de 15 000 hommes, dirigée par le général Maison (1828-1833), dans le but d’éloigner Ibrahim Pacha du Péloponnèse, et de mettre en œuvre le traité de Londres de 1827 pour la création d’un état grec.

La mission comprenait 17 scientifiques français, connus sous le nom Mission scientifique de Morée, qui ont cartographié le Péloponnèse et les îles de la mer Égée, étudié les monuments anciens et décrit les résultats de leurs recherches dans 6 ouvrages qui fournissent des informations importantes. L’un d’entre eux était le fameux architecte Blouet.

Ainsi, au début du 19e siècle, il se développa dans l’opinion publique, qui recevait systématiquement une éducation classique, un climat d’amour pour la Grèce et les Grecs qui souffraient sous l’empire ottoman. Ce climat domine les arts et passe ensuite à la politique. A titre d’exemple notre exposition présente une proposition soumise à la Chambre des Pairs en 1816 par le grand philhellène et homme politique Chateaubriand, en faveur de l’abolition de l’esclavage des populations chrétiennes.

Cette proposition, qui fut adoptée, fait référence aux droits de l’humanité et à la suppression de la honte en Europe. Le fléau de l’esclavage et l’enlèvement de chrétiens par les Turcs, a été représenté de nombreuses manières dans l’art.
Toutefois, Chateaubriand doit son titre de grand philhellène, a son travail Note sur la Grèce, qui a été traduit et distribué partout en Europe, étant reconnu comme le manifeste du philhellénisme durant la révolution de 1821.

Du moment que la révolution grecque fut connue en Europe occidentale, les journaux ont commencé à être inondés quotidiennement des nouvelles sur les opérations militaires et les développements politiques. On présente le journal français La Quotidienne du 12 Juin 1822, qui se référé aux massacres des grecs par les turcs, annonce la libération d’Athènes, etc. Un point très important à noter est que ce journal utilise pour la première fois le terme « la Grèce » pour désigner les territoires contrôlés par les combattants grecs.

Une autre édition du journal français Le Journal de la France, du 16 Janvier 1827, fait référence à l’officier français Fabvier et d’autres Philhellènes qui combattaient en Attique.

Alors que l’édition du 15 Juin 1827, décrit les négociations du commandant Français de Rigny, avec Rachid Pacha pour la protection des Athéniens.

Cet intérêt intense pour la Révolution de 1821 se reflète également dans la littérature.

Depuis 1821, plus de 2000 œuvres littéraires (poèmes, pièces de théâtre, dépliants de contenu historique et politique, etc.) ont été écrits et diffusés à l’échelle internationale, se référant à la révolution grecque, faisant l’éloge des grecs. Parmi les auteurs on trouve les académiciens Guiraud et Casimir Delavigne, Victor Hugo et Alphonse de Lamartine.

On se réfère sur deux cas impliquant Missolonghi, qui a démontré à l’opinion publique européenne que la Grèce héroïque des Thermopyles était bien vivante. Une lettre du compositeur italien Pacini (qui vivait à Paris), témoigne de ce climat. Pacini offre son œuvre musical sur Missolonghi à vendre pour un franc par exemplaire, demandant que l’argent soit donné au Comité grec Philanthropique (voir plus bas).

Le « dernier jour de Missolonghi » était un drame théâtral très emblématique de l’époque. On trouve ce livre faisant partie de la bibliothèque personnelle de Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, duchesse de Berry (1798-1870) du château de Rosny.

Plusieurs peintres ont produit au début des années 1820, beaucoup d’œuvres d’art avec des thèmes inspirés par la révolution grecque et le sort des grecs luttant pour leur Independence.
Le cas du jeune (à l’époque) peintre Eugene Delacroix est remarquable avec ses œuvres choquants « La destruction de Chios » et « La Grèce sur les ruines de Missolonghi ».

Un grand nombre de peintres ont produit des œuvres sur toile, papier, métal ou tapisserie, montrant des révolutionnaires en 1821, des scènes de combat entre grecs et turcs, des réfugiés grecs, le serment du combattant grec, etc.

La solidarité aux grecs, se manifesta aussi de manière effective, à travers de la mise en place des comités philhellèniques, avec la participation de personnalités de l’époque. Ces comités offraient une aide aux grecs en révolte. Ils soignaient les réfugiés qui avaient fui vers l’Europe, ils facilitaient le transfert des volontaires philhellènes en Grèce et ils organisaient des collectes de fonds à envoyer en Grèce ou à utiliser pour le rachat des prisonniers et des esclaves grecs.

On connait plusieurs importants philhellènes membres du premier comité intitulé « Société de la Morale Chrétienne ». Il s’agit des sénateurs français, le duc de la Rochefoucault-Liancourt (qui était le président du comité), le duc de Broglie, ainsi que d’autres députés, des banquiers, etc.

Les membres comprenaient également des grecs qui vivaient à Paris, comme Adamantios Korais. Le comité organisait des collectes de fonds auxquelles contribuaient des personnalités connues, mais aussi des simples citoyens.

Une organisation plus active est fondée en février 1825, à Paris. La « Commission Philanthropique en faveur des Grecs ». Ce nouveau comité philhellénique a des objectifs beaucoup plus larges, visant à collecter de l’argent pour aider les grecs aussi sur le plan militaire. Pendant ce temps, la « Société de Morale Chrétienne » a continué à aider, en particulier dans le domaine de l’éducation, s’occupant de la formation en France des orphelins grecs. La Société a aussi envoyé son membre Dutrone en Grèce, pour organiser un système scolaire.

On observe un mouvement philhellène équivalent dans d’autres villes, comme à Marseille, Lyon et Strasbourg.

Les comités, et plusieurs membres du gouvernement français étaient en contact permanent avec les grecs. On voit plus bas une lettre de 1824 de Démétrios Ypsilantis au ministre de la Justice en France, demandant le soutien du gouvernement français.

On note que Ypsilantis avait un proche collaborateur français, le philhellène Olivier Voutier, qui a reçu grade de colonel, puis de général de l’armée grecque. Voutier s’est battu durant le siège de Tripoli et à Athènes, ou il a aidé les grecs à utiliser l’artillerie.

Ce climat philhellénique s’est généralisé et il a marqué la société française. Presque chaque maison disposait d’un ou plusieurs objets relatifs à la Grèce et au combat des grecs. Souvent, une partie des revenus provenant du commerce de ces objets finançait des actions en faveur des grecs.

On a enregistré environ 150 différents types de pendules en bronze ayant comme thème la révolution de 1821 et des scènes associées à la lutte des grecs.

De nombreux types de vaisselle en porcelaine avec une pluralité d’illustrations. Des vases décoratifs et statuettes en porcelaine, des boîtes de rangement, et des jeux de table et des cartes, ainsi que des éventails avec de thèmes philhellènes, utilisés par les dames en France.

    

On voit plus bas l’éventail philhellénique officiel du concert du 28 Avril, 1826 à Vauxhall à Paris. Cet évènement a marqué un moment historique du mouvement philhellène en France, qui constitua en même temps l’événement le plus en vogue de l’époque. Toutes les grandes dames de l’aristocratie, sont montées sur scène et ont chanté en faveur du peuple grec. Un côté de l’éventail indique «Cantate chantée au concert du Vauxhall», et l’inscription: «A la Patrie. Mourons pour la défendre et vivons pour l’aimer». En gauche drapeau et à droite corne d’Amalthée avec les dons généreux de Philhellènes. De l’autre côté les noms des participants-organisateurs.

La Société pour l’Hellénisme et le Philhellénisme, en collaboration avec l’Ambassade de la France en Grèce, ont rendu hommage à la mémoire de tous ces français, dont les noms sont connus ou inconnus, qui ont soutenu avec une passion unique, la lutte du peuple grec pour gagner son indépendance, avec un concert de musique Philhellénique du 19eme siècle.

 

 

Paul Emil Jacobs (August 20, 1802 – January 6, 1866) was a leading Orientalist German painter, noted for Orientalist themes, portraits and nudes, as well as subjects from the classical mythology.

Paul Emil Jacobs was the son of the philologist Frederick Jacobs. He received his art training at the Munich Academy of Fine Arts and first became known for his painting of Mercury and Argus (from Classical mythology). In 1824 he went to Rome, where he attracted critical attention by painting “The Raising of Lazarus”. In 1836 he made a series of historical paintings at the Welfenschloss in Hannover.

Jacobs was noted for his mastery of nudes, expressed particularly in the representation of such Orientalist themes as “A slave market” or of sleeping and waking naked boys.

Graceful depictions of the female body include his “A Harem Beauty At Her Toilette”. His image of Scheherezade from Arabian Nights is noted for its light effects. The famous Ali Pasha was depicted by Jacobs in a moment of relaxed intimacy with Kira Vassiliki.

Like many Europeans of his generation, Jacobs was a Philhellene who expressed sympathy for the Greek War of Independence, which took place when he was in the early stage of his artistic career. This was manifested through various paintings showing sympathetic pictures of “Greek Freedom Fighters”, remarkable and powerful scenes from the Greek War of Independence and scenes showing Greek slaves.

Jacobs was also a portrait painter. Lithographed portraits by him include those of Goethe, Karl Gottlieb Bretschneider and Döring.

In 1844, Jacobs created the monumental altarpiece “Calvary”, for St. Augustine’s Church in Gotha (his birthplace). It was removed from St. Augustine’s in 1939, and since 1998 the altarpiece has been located in the church of Hohenleuben.

Jacobs was married to Louise Jahn, and his grandson Emil Jacobs (1868–1940) was a librarian and head of the library at the University of Freiburg.

His artistic work of Philhellenic inspiration had a strong impact in Europe and inspired many generations of Greeks and Philhellenes around the world.

The SHP has 4 emblematic paintings of Paul Emil Jacobs in its collection, and it will prepare in the following months an event in Athens, Greece, to honor this great painter and his contribution to Hellenism and Philhellenism.

 

The Paul Emil Jacobs monument in Gotha

 

Paintings of Paul Emil Jacobs in the collection of the SHP